Pleins Feux sur… La Collection de Tableaux du The Balmoral

Rocco Forte Hotels
JUIL. 27th

Par May Matthews, spécialiste des peintures écossaises chez Bonhams

J’ai été enchanté lorsque le Balmoral m’a donné l’opportunité d’examiner la superbe collection artistique de ses suites exclusives. J’ai immédiatement sauté sur l’occasion pour jeter un coup d’œil aux œuvres qui se cachent derrière la magnifique façade de l’hôtel. Au moment de pénétrer dans le vestibule, alors que deux toiles de Callum Innes (vers 1962) vous accueillent, il est clair que leur acheteur était doté d’un goût fin et raffiné. Il est rare de les voir dans une si grande taille. En face des bureaux de la réception se trouvent d’autres travaux des “gros pontes” de l’art anglais du XXe siècle tels que Norman Ackroyd (né en 1938), membre de la Royal Academy, et Patrick Heron (1920-1999), chevalier de l’ordre de l’Empire britannique. Ainsi, dès les premières minutes de ma visite, je savais que j’allais pouvoir me régaler ! Le reste de la collection n’a pas dérogé à sa promesse. Avec tant de si belles peintures aux murs, j’ai eu bien du mal à choisir ma préférée mais j’ai été époustouflé par une nature morte dans la suite Glamis de l’hôtel.

C’est une peinture incroyable de Dame Elizabeth Violet Blackadder (1931-2021). La réputation de cette artiste n’est plus à faire depuis plus d’un demi-siècle. Première femme à avoir été élue aux académies royales d’Angleterre et d’Écosse, elle a été adoubée en 2003, nommée peintre de Sa Majesté et illustratrice de manuscripts d’Écosse en 2001. Mais ses talents méritent davantage d’éloges ainsi qu’un examen et une critique plus minutieux.

Malheureusement, il a fallu qu’elle s’éteigne l’année passée pour que son art soit reconnu à sa juste valeur. Elle a toujours dit : “Je ne parle pas vraiment de mon art.” À la place, elle a préféré laisser son art parler pour lui-même. La peinture de la suite est un superbe exemple de la qualité discrète de Dame Blackadder et démontre à quel point elle est digne d’occuper le devant de la scène.

Artiste peintre et graveuse, Elizabeth Blackadder est née à Falkirk. Elle a étudié au College of Art d’Édimbourg sous la direction de William Gillies et y a enseigné de 1962 jusqu’à sa retraite en 1986. En 1956, elle s’est mariée avec son confrère artiste John Houston. Elle était connue pour ses peintures gracieuses de fleurs, de chats et d’autres sujets propres à la nature morte et elle a également peint des paysages et des portraits. 

La peinture de la suite Glamis est une aquarelle. Technique préférée d’Elizabeth Blackadder du fait de sa délicatesse, elle convenait bien à ses sujets de prédilection et leur apportait un sentiment de calme, comme on peut le voir sur cette toile. L’œuvre présente toutes les caractéristiques de l’artiste : son respect profond pour la culture japonaise est évident, notamment dans le placement d’objets du quotidien sur des plans vides. La perspective aplatie est une autre trace de sa sensibilité avec l’esthétique japonaise et fait tendre ses peintures vers l’abstraction. 

La fascination d’Elizabeth Blackadder pour le Japon a débuté dès son enfance, lorsqu’un oncle lui a rapporté des souvenirs d’un voyage effectué sur l’archipel nippon. Elle appréciait le style minimaliste et la pureté des traits. Adulte, elle a visité plusieurs fois le Japon et elle est tombée amoureuse de l’utilisation de l’espace dans l’art ainsi que de l’admirable processus japonais “d’exclusion” et “d’inclusion”. Dans les années 1980, Elizabeth Blackadder puisa de plus en plus son inspiration dans les arts et la culture traditionnels du Japon dans ses travaux, comme on peut le voir sur cette toile datant de 1981. C’est vers cette période qu’elle a aussi commencé à utiliser du papier japonais pour en rehausser les effets. Son studio était rempli d’objets comme des éventails, des kimonos et des instruments de musique glanés lors de ses voyages. Autant collectionneuse qu’artiste, Elizabeth Blackadder a produit des peintures qui trouvent leur source dans sa curiosité infinie pour le monde. C’est donc sans surprise que la suite Glamis du Balmoral devienne l’endroit privilégié pour accueillir cette peinture. Les hôtes curieux y trouveront un pied-à-terre idéal pour explorer l’une des plus belles capitales culturelles du monde. 

Si vous voulez apprécier les travaux d’Elizabeth Blackadder, vous pouvez vous rendre à la Galerie nationale d’art moderne d’Écosse, à la Tate et au Musée d’art moderne de New York.

Pour recevoir davantage d’informations sur l’art écossais, vous pouvez prendre contact avec May Matthews sur may.matthews@bonhams.com ou lui rendre visite en personne à la salle des ventes de Bonhams au 22, Queen Street, à Édimbourg.